Domaines de la famille Carsenac et de Rumet-Carsenac en Limousin et Marche
 
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 Une demeure dans le Limousin

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Kaeronn_

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MessageSujet: Une demeure dans le Limousin   Sam 10 Avr - 19:30

Les sabots du cheval claquaient sur les pavés de la cour dans laquelle le tonnerrois pénétra jusqu'au milieu. A première vue, pas d'écurie, mais il doutait que la demeure n'en cacha pas. En tant que dame de la Licorne, et possédant un cheval pour ses voyages, Kaeronn mettrait sa main gauche (pas la droite quand même, on ne savait jamais) au feu que Sindanarie avait de quoi s'occuper de sa monture. Le garde donnait l'impression de ne plus s'occuper de lui et le tonnerrois en profita pour regarder tout autour de lui. A l'intérieur de la demeure. C'était pas petit. Dame du Viam, ça donnait une certaine assurance pour le reste de la vie apparemment. Réflexion qui refit penser à Kaeronn les paroles de Marie.

... elle vient au village pour les fêtes, elle boit même avec nous comme un trou parfois...

Peu banal il fallait le reconnaitre, une noble qui allait s'amuser avec ses paysans... De très mauvais goût la plupart des nobles auraient pensés. Mais après tout, le domaine de Viam avait l'air assez reculé. Qui le saurait? Les étrangers passant par ici.

Non, même pas, se rectifia-t-il lui même. Les étrangers venant ici et parlant aux paysans. Ce qui élimine forcément la plupart des visiteurs qui doivent venir ici.

Ne restait plus qu'à attendre l'intendant. La main droite de Kaeronn flatta les naseaux de Tiroll, qui envoyèrent sur ses doigts un souffle chaud et protecteur comme s'il avait mis durant un court instant un gant. Il caressa de l'autre main son encolure avant de tapoter son flanc. Le cheval venait d'atteindre sa dix septième année, et il était encore dans la force de l'âge. Il avait encore quelques années devant lui, tout comme disait Jabor. Viendrait un jour cependant où le guerrier devrait changer de monture pour ses activités. Le tonnerrois quand à lui, essayait d'éviter de penser que le jour où Tiroll ne pourrait plus le supporter, lui ne pourrait de toute façon plus monter à cheval.

Et t'as encore le temps mon vieux. T'as encore le temps de me montrer les belles chevauchées que tu m'as fait vivre encore aujourd'hui. Encore le temps de me montrer ce que tu sais faire, et pourquoi Jabor t'as choisi.

Il adoptait une voix claire et douce pour parler à l'animal. Voix que le cheval connaissait par cœur à présent, presque autant que celle de Jabor.

Va falloir que je te redonne à notre vieil ami n'est ce pas Tiroll. Je n'ai pas eu le temps la dernière fois. Enfin, il a du se trouver une autre monture en attendant. A moins qu'il n'ait préféré rester à pied un moment.

L'homme tapote à nouveau l'encolure du cheval, puis plisse les yeux pour regarder plus attentivement les bâtiments l'entourant, essayant de deviner de quelle direction viendra l'intendant. Et rapidement, se demandant plutôt quelle fenêtre appartient à la chambre de Sindanarie.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Une demeure dans le Limousin   Sam 10 Avr - 22:28

Qu'est-ce qu'y a encore ?

L'intendant était d'humeur bougonne. C'était même un bel euphémisme. L'arrivée des légitimes d'Eleuthère l'avait replongé en plein dans les démons de son ancienne vie, et la lettre de la p'tiote n'avait rien arrangé. Pour tout dire, c'était la troisième fois qu'il la relisait, adossé aux murs de l'entrée. Elle aussi, elle se souvenait parfaitement de leur liberté, quand elle n'était qu'une bâtarde sans attaches et quand lui menait leur petite troupe dans ses diverses occupations. Depuis lors, quel chemin ils avaient parcouru... Elle s'était fixée puis avait recommencé à se déplacer sans cesse. Lui avait erré un temps, s'était fait oublier, et avait fini par venir lorsqu'elle lui avait demandé de prendre soin de Viam. Et c'était quand il était arrivé à ce point précis dans ses souvenirs qu'on frappa à la porte d'Elric, d'où une réponse en forme de grommellement bougon.

Y'a un type qui doit s'appeler Kaeronn dans la cour. C'est les Sansoucis qui l'ont amené, il portait quelques uns d'leurs paquets.

C'était une manie... Tout le monde débarquait le même jour, ou presque. Les légitimes, et un homme dont le nom lui disait quelque chose. Pour cause. L'avait réussi à estafilader sa p'tiote. Faudrait qu'il l'entraine de nouveau, d'ailleurs, pour être sûr qu'elle aille pas s'faire tuer en un quelconque lieu du royaume. Elric était bien curieux de voir à quoi ressemblait ce bonhomme. Parce qu'en bavarde incapable de cacher quoi que ce soit à son mentor, la p'tiote avait raconté autre chose que le duel. Des conversations. Alors comme ça, elle l'avait invité à Viam... Ca ne la prenait pas souvent. Et c'était suffisamment rare pour qu'Elric lâche, avec un début de sourire :

J'm'en occupe. Va préparer une chambre pas trop froide, veille à ce qu'il soit bien installé.

Et voilà un intendant presque présentable, si on oubliait qu'il était un brin hirsute, qui se précipitait dans la cour depuis le corps de logis. Et que vit-il ? Un homme qui devait avoir à peu près son âge, tenant un cheval par la bride, lui parlant doucement. S'approchant jusqu'à pouvoir flatter légèrement l'encolure, en amoureux du genre équin, Elric marmonna, comme pour lui même, avec un léger sourire :

Belle bête.

Mais ce n'était pas le sujet principal. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine curiosité à l'égard de ce voyageur capable de venir jusqu'au fin fond du Limousin pour voir sa Dame après s'être battu contre elle. Oui, elle lui avait dit, duel d'entrainement. M'enfin, c'était toujours se battre. Alors, comme il n'avait pas tout à fait la même retenue que d'autres, Elric se jeta à l'eau, tout en caressant doucement le chanfrein du cheval, sans le lâcher des yeux :

Alors comme ça, vous venez voir Sinda ? 'Fin, Sindanarie, j'veux dire. Elle sera là demain. Vous voulez rester dormir ici en attendant ? Il y a de la place, et ça vous éviterait de retourner au village.

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Une demeure dans le Limousin   Dim 11 Avr - 13:13

Une porte claquait. De quoi faire tourner la tête de Kaeronn vers le bruit perturbateur. Un homme s'avançait dans la cour, se dirigeant vers lui. On le regardait, on l'observait. On le jaugeait peut être aussi. Le tonnerrois n'aimait pas particulièrement cela, en su de la part d'un homme, mais il y était plus qu'habitué, en particulier avec la soule. Ce moment spécial qu'était le début de rencontre, où les joueurs se lançaient des regards pour tenter de prendre déjà le dessus. Lui rajoutait en plus de nombreuses piques. C'était toujours drôle de voir l'adversaire s'énervait, ou tentait de répliquer. Tentait seulement, car la loi de la soule faisait rarement défaut à Kaeronn en ce moment. Il le savait, et il en profitait. C'était lui qui gagnait, c'était lui qui pouvait se moquer de ses adversaires. Une assurance froide, à faire vomir les plus frileux.

Ta trop grande assurance te perdra Kaeronn.

Oui, on le lui avait répété de nombreuses fois.

Mieux vaut être trop sur de soi que pas assez.

La réplique était souvent cinglante, teintée d'ironie que laissait entrevoir un sourire amusé ou goguenard, selon la personne qui se trouvait en face de lui. Ce qu'il aimait provoquer... Pas étonnant qu'il est de suite apprécié Sindanarie. De surcroit, leur duel lui avait redonner un peu la forme alors qu'il s'encroutait derrière les murs de Chinon, attendant désespérément une deuxième bataille qui n'était jamais venu. De beaux parleurs les angevins, mais c'était bien tout. Un, deux assauts avaient été repoussés, et on ne les avait plus vu. Et dire que tout ceci s'était révélé vain finalement quand la mairie de Chinon avait été prise par des brigands peu après.

L'esprit du tonnerrois revint sur l'instant présent, alors celui qui devait être l'intendant faisait connaissance avec Tiroll. Kaeronn savait que Jabor n'aurait guère apprécié qu'un inconnu flatta son cheval ainsi, mais il n'avait jamais très bien compris ce trait particulier de son ami. Jalousie? Possible. Il était trop lié à Tiroll, et il savait parfaitement que si il arrivait quelque chose au cheval, le guerrier rongerait son frein en méditant sa vengeance. Petit sourire sur le visage de Kaeronn. Pour accueillir c'était toujours mieux, surtout quand on n'était pas chez soi. Il fut un brin surpris par la familiarité de l'homme. Il se serait plutôt attendu à un langage soutenu, un domestique impeccable. Mais il se rendait compte que Sindanarie le surprenait une fois de plus. L'homme était à son image, sur le peu de temps qu'il l'avait vu. Il répondit donc chaleureusement à l'intendant.


Bonjour messire. Oui, je suis venu voir Sindanarie. Je suis heureux d'apprendre que ma visite ne sera pas vaine. A vrai dire, je suis venu tout à fait à l'improviste.

En même temps, il réfléchissait rapidement à la proposition directe de son hôte. Dormir ici? Ou retourner au village? A vrai dire, il dormait souvent à la belle étoile, et il n'aurait nul besoin de rentrer jusqu'au village pour dormir tranquillement. Mais d'une part, il n'avait pas trop envie de se farcir le trajet à pied. De l'autre, il était curieux. Et sa curiosité aimait être satisfaite. Il se passa une main sur le menton et hocha la tête.

Je vous remercie messire. C'est avec joie que j'accepte votre proposition. Puis-je cependant vous demander si vous possédez une écurie pour Tiroll? Il tapota l'encolure de sa monture. Un peu d'eau et d'avoine lui feraient le plus grand bien.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Une demeure dans le Limousin   Jeu 15 Avr - 7:55

Quand l'arrivant prit la parole, Elric porta pour la première fois les yeux sur lui. Du moins, il l'examina avec attention pour la première fois, répondant à son léger sourire de la même manière. Il ne l'avait pas imaginé si proche de son âge, ce Kaeronn... Il se serait plutôt attendu à trouver face à lui un homme un peu plus jeune. Comme quoi, on pouvait avancer en âge et rester en bon état... C'tait toujours bon à vérifier. Ecoutant son discours, l'intendant sourit un peu plus largement, et lança, quand son hôte eut accepté sa proposition et demandé hébergement pour sa monture également :

Venu à l'improviste ? Ce n'est pas du tout prudent, avec elle... Z'avez de la chance qu'elle ait été pratiquement obligée de revenir, mais j'pense qu'elle ne restera pas longtemps. Un ou deux jours, sûrement pas plus.

Il n'avait pas à ajouter quoi que ce soit. Ce qu'elle faisait, c'était la p'tiote que ça regardait, pas ce type à peine pus jeune que l'intendant qui débarquait sans même savoir si elle pointerait l'bout de son nez. 'Fin, elle l'avait p't'être pas non plus prévenu qu'elle se baladait beaucoup ces derniers temps et qu'la trouver dans sa base arrière s'rait beaucoup plus difficile que lorsqu'elle s'éloignait peu du Limousin. et elle n'lui avait probablement pas dit qu'son caractère s'était furieusement affirmé... M'enfin, aux risques et périls du sieur. Surtout s'il venait pour des motifs désagréables. Pis il était toujours possible qu'elle reste très calme. Y'avait toujours eu les deux possibilités. Soit elle se maîtrisait, soit elle éclatait.

Et ce n'était pas tout... Il y avait la question du cheval. Oui, c'tait naturel. Quand on avait une monture de c'genre, on en prenait soin. Les yeux sombres d'Elric se posèrent de nouveau sur la monture du visiteur, et il répondit :


Et oui, nous avons une écurie. Je peux même m'occuper de votre cheval, si ça vous arrange.

Le léger sourire qui planait sur le visage de l'intendant en disait long sur le fait que ce serait loin d'être une corvée pour lui. A chaque fois, s'occuper d'un équin était comme une manière de remonter le temps, de sentir l'odeur des bivouacs, de revoir les flammes des feux de camp... De renouer avec la sorte de nomade qu'il avait été. Dommage que la p'tiote soit si attachée à sa propre jument. Il s'en serait bien occupé, de temps en temps. Bref. L'âge avait quand même un effet sur lui. Il devenait nostalgique. Il se souvenait. Pas bon signe... Revenant à des préoccupations plus terre à terre, il continua, reportant son regard sur Kaeronn :

Vous avez peut-être faim ? J'peux pas vous promettre un festin, mais on doit encore avoir du pain et du fromage.

C'était mieux que rien, non ? Pis ç'aurait pas été bien d'laisser crever d'faim quelqu'un qui s'était battu contre sa p'tiote. Surtout après un long voyage. 'Fin, lui, à la limite, il s'en moquait un peu, mais elle n'aurait p't'être pas apprécié qu'on laisse crever des gens de faim dans le seul endroit où elle pouvait faire ne sorte que ce ne soit pas le cas (forcément, s'il lui avait fallu nourrir tout Paris, ç'aurait été une autre paire de manches).

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Une demeure dans le Limousin   Jeu 15 Avr - 14:55

Les yeux sombres de l'intendant le détaillaient. Il n'aurait même pas eu besoin de le regarder pour le savoir. On le jaugeait. L'apparence physique seulement. Contrairement à beaucoup, cela ne gênait guère Kaeronn. Il aimait également jauger son monde. Provocateur... oui, il l'était. Pas comme l'homme qui lui faisait face en cet instant. Juste une curiosité qu'il devait satisfaire. Mais laquelle... il n'en avait aucune idée, comme ne savait absolument pas ce que pouvait penser l'homme âgé qui lui indiquait qu'il avait de la chance. Ce à quoi Kaeronn haussa légèrement les épaules, petit sourire aux lèvres.

Elle a autant de chance que moi de pouvoir me trouver la demain, que moi de la voir. Et peut être même plus, étant donné que c'est elle qui habite ici.

Il se tut, observant l'homme comme s'ils allaient se préparer à un duel des plus musclés. Il voulait voir comment l'intendant réagirait à sa réponse, il voulait voir si l'homme serait surpris par la rapidité de la réplique. Il n'avait à première vue (et heureusement), pas l'air susceptible. Mais le tonnerrois se méfiait maintenant des conclusions rapides et des apparences trop souvent trompeuses. Sa main gauche continua de caresser l’encolure de Tiroll, alors qu’il réfléchissait à la réponse à donner à l’intendant. Aucun doute là-dessus, Jabor aurait refusé qu’un autre que Kaeronn ne touche à son cheval. Mais la, il était clair qu’il n’en saurait rien. Et puis vu la petite lueur qui s’était allumé dans les yeux de l’homme, Kaeronn imaginait mal ce dernier s’occupait mal du cheval.

Très bien, prenant en soin. Puis signe de négation de la tête. Non merci, je n’ai pas faim.

Peut être l’homme allait il croire que le menu ne le contentait pas. Qu’il aurait préféré se faire servir un bon repas de noble, comportant six plats au minimum, agrémenté d’un bon petit vin des environs. Mais après tout, il s’en foutait. Au contraire, cela l’arrangeait presque. Et si l’intendant était un tant soit peu observateur (et généralement les intendants le sont), il pouvait voir la fine couche de poussière maculant son mantel et ses bottes, prouvant que la propreté ne passait guère en premier plan chez lui.

Bon, à défaut de manger puisqu’il n’avait pas faim, le tonnerrois avait en tête une idée bien précise. Et comme à chaque fois qu’il avait une idée bien précise en tête, il aimait par-dessus tout la réaliser. La vie n’était qu’une longue suite de défis, auxquels l’Homme devait répondre… C’était du moins une des nombreuses interprétations que Kaeronn aimait faire de la vie, et surtout de la sienne. Et la, maintenant qu’il avait pénétré dans le domaine de Viam, la seule idée qui s’insinuer dans son cerveau était une visite de la propriété. Et que l’intendant le lui propose ou pas, il comptait bien faire sa propre exploration des lieux.

Ca semblait assez grand en tout cas. De quoi faire naitre dans son esprit une autre question. Sindanarie, la dame de Viam vivait elle seule ? Les paysans qu’étaient Marie et son frère n’avaient pas fait mention d’autres habitants à part la dame de la Licorne et les frères et sœurs arrivants. Un regard sur l’intendant en lui faisant signe qu’il pouvait prendre Tiroll. Puis Kaeronn fit quelques pas dans la cour, en direction des bâtiments qu’il voyait devant lui. Le pas était assez lent, pour laisser tout le temps à l’intendant de l’héler. Il se dégager cependant de Kaeronn une assurance à toute épreuve. Comme si rien ne pourrait arrêter sa marche.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Une demeure dans le Limousin   Ven 16 Avr - 23:50

Une phrase alambiquée fut lancée. La chance... Oh, non, la Chance n'existait pas, seul le Destin faisait loi. Ca ne pouvait être qu'une blague du Destin, l'arrivée pratiquement en même temps des légitimes et de ce type. Hé hé, il allait enfin y avoir un peu d'animation... L'avait l'air bien sympathique, çui-là. Non, en fait, non. Sympathique, c'tait pas le bon mot. Intéressant, c'était mieux. Pas assez causant pour se montrer sympathique, juste assez mystérieux pour être intéressant. D'ailleurs, en retour, il ne réagit pas, se contentant d'un sourire. Rien ne servait d'arguer. Le fait juge les hommes, avait écrit une Dame, quelques mois auparavant. Une poétesse. Une vraie... Bref. Ce n'était pas par le verbe qu'il s'était distingué et qu'il comptait continuer de le faire, mais par les actes.

Alors il le laissa s'éloigner d'un air déjà comme conquérant, assuré comme s'il avait connu l'endroit depuis des années. Envie d'explorer, peut-être. Envie de passer outre la condition de voyageur pour une nuit. Ou alors, retrouvailles avec un statut occulté par une pellicule de poussière... Qu'importait. L'intendant était toujours tourné vers le cheval quand il lança, suffisamment fort pour être nettement audible :


Installez-vous où vous pourrez, 'fin, où vous voudrez, j'préviendrai Sindanarie d'votre arrivée !

De toute façon, il n'y avait là rien à voler. La p'tiote n'avait jamais possédé d'objet de plus de valeur (marchande, pour ce qui était de la valeur sentimentale, il préférait ne pas trop s'avancer) que son épée, à sa connaissance. En tout cas, même si cet individu n'était peut-être pas forcément recommandable (quand on s'avançait ainsi sur son territoire, Elric avait quelques mécanismes de veille qui se remettaient curieusement en marche), il ne trouverait rien à Viam qui pourrait exciter sa convoitise. Aucun objet subtilisable, en tout cas. Et l'intendant ajouta, un ton plus bas, parce que les précisions ne faisaient jamais de mal :

Demain, elle finira bien par vous trouver, d'toute façon, c'pas assez grand pour qu'elle oublie un endroit où chercher...

Peut-être paraitrait-il cavalier. Un intendant était peut-être censé amener avec déférence les voyageurs jusqu'à de somptueux appartements richement aménagés et meublés. Ce n'était pas le cas de Viam. La demeure était encore une forteresse (mineure, certes, mais faite pour tenir malgré tout) quelques années auparavant, et la p'tiote n'était pas de ces riches nobliaux qui se prélassaient à Paris. Ca non. Même si elle y officiait parfois, elle ne connaissait pas les gens de la capitale, ou alors très peu. Et de toute façon, ils n'avaient jamais mis les pieds à Viam. Il n'était même pas sûr qu'elle leur ait parlé du domaine.

Bref, qu'importait qui elle avait ou n'avait pas invité à Viam. Il s'en moquait, l'Elric. Il s'en foutait éperdument, même. Lui, il accueillerait, plus ou moins bien en fonction de son humeur. Mais il y avait des visiteurs qui recevraient toujours les meilleurs soins de sa part, et il lui fallait s'occuper de l'un de ces visiteurs. Reportant son attention sur le cheval, il prit doucement ses rênes, sous la mâchoire, flatta légèrement les naseaux et marmonna, bourru d'affection, bien insoucieux de savoir si le maître de la bête y prêterait ou non attention :


En avant donc, mon tout beau... Même si ton maître n'a pas faim, toi, tu dois avoir un p'tit creux, et j'vais te donner un festin de roi.

Et, du pas sûr de celui qui connait chaque creux et chaque pavé du sol, Elric entama le contournement du corps de logis pour se rapprocher des écuries, prêt à s'arrêter si, par hasard, Kaeronn se décidait à bavarder.

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Une demeure dans le Limousin   Lun 19 Avr - 14:42

Aucune véritable réponse de l’intendant. Juste un petit sourire. Sans doute n’était-il pas d’accord avec lui, mais préférait il garder sa pensée pour lui. Pas important. Il était content d’être chanceux. Il se dirigeait vers la porte qui s’offrait à lui, quand Elric le surprit en le priant de choisir l’endroit qu’il voulait pour dormir. Bizarre, vraiment bizarre. C’était pourtant la première fois qu’il le voyait, et il était sur que l’homme ne le connaissait pas. A moins que… Sindanarie avait parlé de lui ? C’était une possibilité. Les paroles de l’intendant résonnèrent dans son cerveau, avant qu’il ne donne une nouvelle réponse.

Prévenir Sindanarie de mon arrivé ? Hum… Si vous pouviez éviter de lui dire qui se trouve la, je pense que la surprise serait… drôle.

Drôle pour lui évidemment. Peut être que pour l’intendant aussi d’ailleurs. Puis à vrai dire, il espérait surtout que la surprise serait agréable pour la dame de Viam, qui ne penserait surement pas le trouver ici. Il rit légèrement aux précisions de l’homme.

Je ne vais pas me cacher de toute façon. Je prendrai la première chambre que je trouverai, je vous remercie.

Il tourna à nouveau les talons, et gravit les trois marches qui l’amenèrent devant la grande porte de bois obstruant l’entrée dans la demeure. Un très court instant d’hésitation plus tard, le tonnerrois posait la main sur la poignée, et tournant celle-ci, ouvrit la porte pour pénétrer à l’intérieur.

[Suite « L'entrée »]
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