Domaines de la famille Carsenac et de Rumet-Carsenac en Limousin et Marche
 
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 Un brin de causette vespérale

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Elric Lesang
Intendant des Cars [PNJ]
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MessageSujet: Un brin de causette vespérale   Lun 19 Avr - 22:33

[De l'écurie...]

Elric n'avait rien répondu aux denriers mots, pas plus qu'il n'avait donné d'assentiment lorsque le visiteur lui avait demandé de tenir sa langue quant à sa visite. Il verrait bien quand la p'tiote arriverait, d'toute façon... Alors, quand ils étaient arrivés aux écuries, le cheval avait été bouchonné, non pas trop rapidement, mais avec toutes les précautions, toute la douceur dont était capable l'intendant. Les gestes à la fois répétitifs et rythmés calmaient sans doute autant la monture que l'homme qui s'occupait d'elle. Il y avait un côté apaisant à en prendre ainsi soin. Il l'avait toujours expérimenté... Des temps reculés d'un passé presque tombé dans l'oubli aux jours actuels, la chevauchée avait toujours été une échappatoire et le pansage, l'étape de transition indispensable pour le retour dans ses pénates.

De fil en aiguille, la selle et la bride furent retirées et graissées, afin que le cuir conserve sa souplesse, et l'on en vint aux soins du cheval à proprement parler. L'affaire ne fut pas rondement menée, l'intendant prenait son temps. A mesure qu'il avançait en âge, il apprenait à profiter de tous les instants, si infimes, si banals soient-ils. Parce qu'il n'les revivrait plus. Et, ce soir-là, parce qu'il avait enfin eu devant lui l'une des personnes qui avaient traversé les récits de voyage de la p'tiote, il avait sacrément besoin d'se calmer. Il était curieux, Elric, fallait l'avouer, mais les questions, il les posait très peu. Pratiquement qu'à la p'tiote, en fait. Mais là, la curisioté était réveillée, et s'il avait l'occasion d'entendre un autre son d'cloche, il n'cracherait pas dessus... Et quand il en eut fini avec le cheval, il se dirigea de nouveau vers le bâtiment principal. Le château, comme il l'appelait.


[... à l'intérieur du petit salon]

Et le choix fut vite fait. Il s'installerait, pour passer la nuit, ou une partie de la nuit, dans le salon particulier que Sindanarie appréciait tant. La pièce était sombre quand il y entra. Il jeta quelques buches sur les braises, aida quelques instants le feu à se ranimer, puis se laissa aller dans un fauteuil. Et il se perdit dans la contemplation des flammes naissantes, sans prêter attention aux ombres qui commençaient à jouer sur les murs. Qu'avait-elle dit, un jour ? "Oui, tu vois en moi seule et le fer, et la flamme, Et la terre, et la mer, et l'enfer, et les cieux, Et le sceptre des rois, et le foudre des dieux." Elle avait dit que c'étaient des vers d'avenir, et qu'ils la décrivaient assez bien. C'tait p't'être vrai, si on n'prenait pas ça au pied d'la lettre. Voilà qui lui donnerait matière à réflexion pour aborder la nuit qui s'annonçait. En attendant qu'elle revienne. Ca faisait des mois qu'elle était partie, fallait bien qu'elle rentre se poser un peu. Même quelques instants...

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Mar 20 Avr - 13:33

Waouh. Il y avait pas mal de chambres. Certes, beaucoup moins que dans d’autres châteaux, mais c’était déjà mieux que rien. Sindanarie avait de quoi faire dormir quelques familles ici. Flânant et découvrant le bâtiment, Kaeronn revenait vers l’entrée, le vestibule. Il lui restait un couloir à explorer. Et trouver Elric dont il ne voyait nul trace.

Peut être que tu ne le vois, mais tu peux encore l’entendre, pensa-t-il avec un petit sourire quand le bruit d’une porte qui se ferme vint tinter à ses oreilles. Allons, précisément la où je ne suis pas allé. Si c’est pas beau…

Il trouva rapidement une porte entrouverte, d’où s’écoulait un flot de lumière et de chaleur continue. Et aux crépitements qu’il entendait, il devina qu’une cheminée devait décorer la pièce. Frapper, ne pas frapper ? Son poing vint tout seul sans lui donner plus de temps de réflexion cogner contre le battant de la porte, deux petits coups secs. Et sans plus attendre, il pénétra à l’intérieur de ce qui devait tenir lieu de salon. De grand salon. Dans un fauteuil, pas loin de l’âtre, se tenait l’intendant. Kaeronn sourit à l’homme, avant de venir s’assoir sans se presser dans le fauteuil en face de celui-ci. Son regard vint tout d’abord embrasser la pièce, mémorisant cette dernière dans son ensemble, commentant chaque tableau ou autre objet s’y trouvant.

Pas mal celui-ci. Mieux que l’autre, beaucoup trop terne. Ah puis tiens… ce fauteuil, je suis sur que je ne le casserai même pas en lui sautant dessus. Je suis sur qu’il me rappelle la silhouette du cap’, mais j’en jurerai pas…

Une fois sa curiosité rassasiée, ses yeux retournèrent sur ceux d’Elric. Rester dans une pièce avec la personne qui avait l’amabilité de vous héberger, sans lui parler, cela relevait de l’impolitesse. Politesse qui ne lui tenait pas forcément à cœur. Mais la, il était chez Sindanarie. Sindanarie…

Elle revient demain vous m’avez dit. Vous en êtes certain ? J’avoue avoir du mal à croire à ma chance. Elle m’avait précisé en me donnant les indications pour venir ici qu’elle y venait très rarement, et que j’avais très peu de chance de la trouver. Mais qu’en revanche, l’hospitalité m’y serait offerte. Et à propos d’ailleurs d’hospitalité, vu la façon dont vous m’accueillez, je puis présumer sans prendre trop de risque que vous avez déjà entendu mon nom. Je me trompe ?

Le tonnerrois croisa ses jambes, observant un court instant le feu brulant dans la cheminée, puis de nouveau l’intendant. Il était calme, très calme. Il ressemblait un peu à Jabor. Un peu seulement. Le guerrier avait plus de points communs avec une pierre qu’avec un humain. Au contraire de l’homme qui lui faisait face dans ce fauteuil. Kaeronn avait plutôt l’impression, au regard de l’intendant, ainsi qu’à la façon dont il avait parlé de Sindanarie, et à Tiroll, qu’il était comparable à un puits de sagesse. Bon non, ce n’était pas vraiment le mot qu’il cherchait, mais il sentait que les émotions de l’homme, même si celui-ci savait sans doute les cacher au fond de lui, étaient du genre très vivantes.

A vrai dire, se dit il en faisant une moue, Jabor en possède sans doute également. Plus profondément encore. Impossible ou presque à détecter.

Il connaissait pourtant son ami depuis un temps considérable maintenant. Une trentaine d’années environ quand il y réfléchissait bien. Trente années au cours desquelles il ne l’avait pas toujours vu fréquemment (comme cette période d’ailleurs). Quelques fois par an parfois même. La, en y réfléchissant bien, il n’avait pas croisé Jabor depuis janvier. Une belle période. Après la victoire de Chinon, il était retourné un court moment à Tonnerre, pour mieux voyager à nouveau. Il y avait eu à faire à Bourbon. Aubenin n’avait toujours pas dévoilé l’endroit de sa planque, et ça devenait pressé. Et Jabor doutait qu’il fut installé chez le vicomte lui-même. Le guerrier se trompait rarement. Bourbon lui avait donné raison. Et lui et Kaeronn s’étaient croisés très brièvement. A vrai dire, du regard seulement.

Et puis il avait continué sur le Limousin, avec l’intention de rendre une visite à Sindanarie, ou tout du moins, voir sa demeure, à Guéret. Encore Sindanarie. Misère ! Il fallait forcément qu’il pense à elle au moins une fois de temps en temps. Assez pour l’amener ici, au domaine de Viam. Assez pour se retrouver devant son intendant, à discuter tranquillement au coin du feu. Discuter de choses et d’autres, mais principalement d’elle.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Mer 21 Avr - 14:29

Ah, tiens donc, de la compagnie. Un Kaeronn délesté de son armement, par ailleurs impressionnant. Devait l'avoir laissé quelque part dans le château, donc il devait avoir trouvé chambre à son pied. Parfaitement. Chambre à son pied. Après tout, il avait choisi où se
mettre, a priori, puisqu'Elric ne lui avait rien imposé... L'intendant le laissa inventorier le contenu de la pièce, un léger sourire flottant sur son visage. Un curieux, hmm ? Et quand il s'installa, il le laissa parler en premier. Pas qu'il n'avait pas de questions, non... Mais il aimait autant observer d'abord, et aviser ensuite. Pas d'improvisation. "Examinons le visiteur" aurait pu être sa devise. Et parlant d'examiner...

Elle ? Pas même besoin d'un prénom pour parler d'la p'tiote ? 'Fin, Elric ne voyait pas vraiment quelle autre "elle" ils pouvaient bien avoir en commun, donc il avait spontanément supposé qu'il s'agissait de Sindanarie. Mais c'tait toujours marrant à relever... Une petite brique amusante. Et il appuya sur le prénom quand il répondit :


Normalement, oui, Sindanarie sera là demain à coup sûr. J'ai eu une lettre d'elle tout à l'heure, elle va redescendre ici. Une affaire à régler. Par contre, c'pas sûr que vous ayez de la chance.

Cette affaire là semblait d'ailleurs assez déprimante pour tout le monde... Sauf pour les concernées. Quelle idée avait bien eu Eleuthère de se marier, il ne le comprendrait jamais. S'encombrer, s'attacher était trop restrictif, trop contraignant. Une bonne femme obligeait à se fixer, à se poser, définitivement peut-être. Et en prime, elle faisait des gamins. Pas qu'Elric ait quoi que ce soit contre les enfants, non... M'enfin, l'aventure du domaine d'Elicahre l'avait échaudé, même s'il était resté attaché comme un père à sa p'tiote. Et quand Eleuthère s'était retiré des affaires pour épouser la de Rumet, Elric n'en avait cru ni ses yeux ni ses oreilles. Et la de Rumte lui avait en plus fait trois mômes... Dont deux voulaient maintenant maintenant rencontrer sa p'tiote. Ce qui la fichait manifestement en rage. Et lui aussi, à l'occasion. Restait à espérer qu'elle se contrôlerait devant elles. Elric était sûr de c'qui le concernait et savait qu'il se maîtriserait sans trop de peine. Alors, c'tait quoi, c'qu'il avait abordé ensuite, son vis-à-vis ? Ah, oui. Du fait que son nom ne semblait pas inconnu... S'arrachant à ses pensées, l'intendant reprit donc :

Et, encore une fois, oui, vous avez raison. Elle m'a parlé de vous. 'Fin, rapidement, hein, elle a mentionné votre duel. J'étais curieux de voir à quoi vous ressemblez, d'ailleurs, j'me demandais qui pouvait encore l'estafilader.

Le pire, c'était qu'c'était vrai. Il était fichtrement curieux de voir sa tête. Pour impressionner sa p'tiote (car c'était surtout ce qu'il avait retenu de ses récits), il fallait vraiment le vouloir. Surtout à l'époque où elle était partie en Touraine... Il ne l'avait jamais vue aussi froide, aussi calme, comme si elle avait gelé jusqu'à l'os, que le jour de son départ. Elle rêvait de mourir dans un combat qui n'était jamais venu, elle le lui avait confié après coup... Et elle était revenue brûlante, ranimée, elle tournait de nouveau en rond, elle rêvait de repartir. Ca avait failli être pour la Provence, et c'était la Bourgogne qui l'avait finalement emporté. Elle avait pu se calmer là-bas, redevenir pleinement elle même. Et elle avait repris la route, seule encore, comme la tête brûlée qu'elle avait toujours été. Elle s'était retrouvée. Et elle avait poussé du Lyonnais au Maine. Vogue la galère... Elle aurait sans doute fait mourir d'angoisse sa mère. Faute de quoi, c'était lui qu'elle avait inquiété. Il vieillissait, comme elle le lui rappelait en plaisantant. L'avait raison. Hum, Elric, on enchaine, on enchaine, on noie le poisson, et on endosse son rôle d'intendant, hop ! D'où une nouvelle intervention :

M'enfin, si elle vous a indiqué comment venir jusqu'ici, il va de soi que vous n'serez pas mis à la rue. Vous avez trouvé c'qu'il vous faut, d'ailleurs ? Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à me le dire.

Se penchant légèrement en avant, prêt à se lever en cas de réponse positive, Elric enchaina, sans transition :

Vous voulez un verre ?

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Jeu 22 Avr - 14:46

C’pas sur que vous ayez de la chance.

Petit sourire fugitif qui vient déformer le visage de Kaeronn à ces mots. Cela le faisait rire de voir l’intendant parler d’autre chose que la chance. Quoi donc alors ? De la malchance car Sindanarie n’était pas quelqu’un de facile à vivre ? Aucune idée. Ou encore l’intendant pensait peut être que ce n’était pas une question de chance, mais plutôt du destin ou quelque chose du genre.

Ramassis de conneries, pensait le tonnerrois. Il espérait ardemment qu’Elric pensait à la première solution plutôt que la deuxième. Et si Sindanarie semblait à ses yeux difficile à vivre, et bien ce n’était que mieux. Le tonnerrois était du même genre apparemment. Il pouvait en revanche affirmer avec certitude que l’intendant tenait à Sindanarie comme à la prunelle de ses yeux. Et le contraire devait être vrai, puisqu’elle se confiait un tant soit peu à lui. Mais le sourire laissa place à la surprise.

Curieux de me voir ? Et alors ? Je suis comme euh… vous l’aviez imaginé ? La phrase n’est que boutade destinée à embêter l’intendant. Soit dit en passant, elle aurait pu m’estafilader autant que je l’ai fait. C’est une rude combattante. J’ai sans doute eu un coup de chance.

Nouveau réflexe. Il n’aimait pas qu’on sache tout de lui dés le début. Et il préférait la plupart du temps qu’on le voit comme quelqu’un de vaniteux, d’arrogant, ou encore vantard. Faire croire qu’il pensait que c’était de la chance était débile. Il avait battu Sindanarie, et savait bien que c’était son expérience qui lui avait permis de prendre le dessus sur la dame de Viam. Mais quand on combattait, on se dévoilait. Et le tonnerrois n’aimait pas se dévoiler.

Ce fut un beau combat en tout cas. C’est vous qui lui avait appris à se battre ? Et oui, j’ai tout ce qu’il me faut. J’ai pris la troisième chambre au fond du couloir, sur la gauche. Si cela ne convient pas, dites le moi. Je changerai.

Et voila qu’on lui proposait un verre. Une chope généralement, mais dans ce château, c’était un verre. Peut être peu raffiné niveau repas, mais apparemment, niveau boisson c’était autre chose, et on ne se privait de rien. Combien de temps qu’il n’avait pas vu dans un verre ? Une éternité sans doute. Il préférait la chope, c’était plus gros. Voir le tonneau durant les matchs de soule, mais c’était une autre question cela…

Avec plaisir, merci.

Pas encore aujourd’hui qu’il refuserait un verre bon sang ! Surtout dans un château.

Vous la voyait souvent ?… Sindanarie , rajoute le tonnerois qui venait de remarquer son impolitesse à l’encontre de la dame de Viam un instant plus tôt. Parce que pour ma part, je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, je ne sais pas si vous saviez…
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Jeu 22 Avr - 21:45

Un sourire. La chance n'existait pas lors d'un combat. Il y avait une volonté faite pour gagner, une autre plus faible. Un bras plus doué que l'autre. Un oeil plus exercé que l'autre. Et quand l'ensemble se rejoignait en une seule personne, ça faisait des ravages. Et il était probable, au vu de leurs âges respectifs, que le tout s'était retrouvé concentré plutôt en Kaeronn qu'en la p'tiote.

Vous êtes un peu moins jeune que je n'pensais. Et oui, bien vu, c'est moi qui lui ai appris à se battre, quand elle était gosse. Maintenant, elle a dû se forger un autre style que le mien.

On camoufle l'impertinence sous ce que l'on peut, hein... Pas d'miracle, on n'pouvait pas toujours le cacher. Pis il l'avait cherché, hein, c'tait pas comme si Elric lui avait balancé c'commentaire directement à la figure, sans autre forme de procès. Pas du tout pareil. Y'avait provocation gratuite, et provocation cherchée... Alors on enrobe un peu la pique, prononcée avec un sourire qui ne cache absolument rien de la taquinerie, et on noie le poisson en répondant à une occasion. Pas fou, l'Elric. Et, tant qu'à faire, toujours dans l'optique de noyer l'poisson, on enchaine :

Pas de problème pour la chambre. Si elle vous convient, c'est parfait.

Se levant un peu pesamment, car il avait presque autant couru ce jour-là qu'au temps lointain de sa jeunesse (et l'heure n'arrangeait rien à l'affaire), l'intendant fit quelque pas avant de s'agenouiller à côté d'un coffre. Une fois son couvercle soulevé, il y attrapa deux gobelets de grès et une flasque. Il savait ce qu'elle contenait, bien sûr. Ca avait été la première affirmation de goût de sa p'tiote. Qu'importait après toutes ces années... C'était juste un souvenir agréable d'un temps qui n'était plus. Elric versa donc, visage dans l'ombre, une rasade du breuvage transparent (ou presque, les distillateurs avaient parfois quelques légers soucis) dans les godets, tout en continuant de répondre :

Quant à la voir souvent... Ca dépend des périodes. Il y a longtemps, je la voyais tous les jours. A l'époque où je lui ai appris quelques bricoles. Après, je ne l'ai pas même croisée pendant plusieurs années. Et maintenant, je la vois quand elle passe en Limousin... Ou quand je vais la rejoindre ailleurs. Mais c'est assez rare.

C'tait pas la peine de lui dire qu'c'tait lui qui avait élevé la p'tiote. Pas la peine, non, parce que ça entrainerait encore une question. Et que la réponse concernait trop la p'tiote pour qu'il prenne la liberté de répondre sans savoir c'qu'elle racontait à ce sujet quand on lui posait des questions. Ca f'sait pas longtemps qu'elle admettait en public sa bâtardise, son enfance avec les Lames Brisées et tout l'restant. Se relevant après avoir reposé la flasque sous le cuovercle de bois, l'intendant parcourut les quelques pas qui le séparaient de Kaeronn en sens inverse, et lui tendit un gobelet avec des excuses qui n'en étaient pas réellement :

Euh, oui, désolé. On n'a qu'ça en guise de verres, ici. 'Fin, je crois. En tout cas, attention à c'qu'y a dedans, c'est un peu fort. Liqueur de mirabelle. S'en sert aussi pour désinfecter les plaies.

Allez, et tant qu'on est encore (avant d'passer l'arme à gauche, mais le plus tard possible) le vieux mâle de la troupe (réduite à deux personnes, oui, et alors ?), on montre qu'on sait vivre, on se réinstalle, on se rencogne dans l'fauteuil, et on s'envoie dans le gosier le contenu du gobelet cul sec. Naméo. Fini d'rire, mon p'tit gars. T'es bien poli, mais maint'nant voyons c'que tu fais face à un alcool qui pourrait p't'être bien réveiller un cimetière tout entier.

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Ven 30 Avr - 19:58

Drôle la façon dont l’intendant se renforçait dans son fauteuil, pour avaler le breuvage cul sec. Comme s’il le mettait au défi de faire pareil. Il ne devait naturellement pas être au courant de la réputation que Kaeronn s’était forgé dans le royaume concernant la boisson. A la soule, il était toujours le premier de son équipe a foncé sur les tonneaux (sauf quand il jouait dans l’équipe du royaume, la bataille était plus rude puisque constituée des meilleurs joueurs de la soule, donc des plus pochtrons). Il ne refusait jamais une chope, encore moins un tonneau. Les effluves de l’alcool avaient aussitôt chatouillé ses narines, laissant son cerveau mettre un nom sur le breuvage transparent avant de l’avoir gouté de ses lèvres. Bon sang, il ne se souvenait pas pourtant avoir bu de la liqueur de mirabelle avec Sindanarie. Possible, mais il ne s’en souvenait pas. Et pourquoi Sindanarie aurait elle parlé à Elric de son (immense) faible pour la mirabelle ? Il gardait toujours sur lui un petit flacon de mirabelle, qu’il vidait généralement en taverne, quand certains avaient l’impudence de lui offrir une tisane (et malheureusement ça existait encore).

Toujours était-il qu’il ne fallut pas plus d’un très court instant, plus court encore qu’écrire sur un parchemin «merci », pour que le gobelet se vide intégralement. Un petit sourire ironique apparut sur le visage du tonnerrois alors qu’il reposait le gobelet avec un air de défi sur la petite table. Pour qui le prenait-on… vraiment… Du temps de Tonnerre la vivante, c’était des centaines d’écus qu’il déboursait chaque soirée avec ses compagnons en alcool. Le seul regret d’ailleurs à cette époque de Kaeronn, avait été de perdre le concours de celui qui buvait le plus de chopes d’affilé. Il s’en était enfilé 126. Un bon total, mais de loin inférieur à celui de ce cher Massy, ce vieux gredin. Le record était toujours en cours à sa connaissance. Le saligaud avait bu 162 chopes d’affilé. Tout comme lui, ils n’avaient pas été au mieux pendant une bonne semaine, mais le coup en valait la chandelle. Et pour se consoler de cette défaite, Kaeronn avait battu tout le monde au nombre de hips concentrés dans une seule phrase. La aussi, il avait fait fort, avec 14 hips pour 18 mots, les hips n’étant aucunement fait exprès évidemment. La belle époque… Aller trouver de nos jours des compagnons près à avaler une centaine de chopes en votre compagnie. Ah, nostalgie quand tu nous tiens…


Vous ne m’en resservez pas un ?

Grand sourire du tonnerrois, qui ne peut louper le fait que la bouteille est encore remplie. Bon, il ne voulait pas se saouler, ça la ferait mal quand Sindanarie arriverait le lendemain. Oui, mais avant d’être saoul, il avait le temps. Et comme l’intendant semblait aussi joueur que lui de ce côté la…

A nouveau le silence. Silence de deux encroutés, qui commençaient à sentir l’âge crouler sur leurs épaules, même s’ils s’efforçaient de ne pas le montrer, et surtout de l’ignorer. Chez la plupart des gens, parcourir les chemins fatiguait, rendait faible. Mais le tonnerrois voyageait depuis si longtemps qu’il avait un besoin vital de bouger, de sentir l’air et le vent sur lui, la pluie lui fouettait les os. Ca l’avait renforcé, et la soule l’avait maintenu en force comme peu de son âge. Pas besoin (ni l’envie de toute façon) de s’acharner toute une vie sur un champ pour nourrir un seigneur et une famille. Peut être cela aurait il pu se passer ainsi, mais la vie en avait décidé autrement pour lui. La vie… ou lui-même.


J’ai remarqué en cherchant une chambre que vous aviez une bibliothèque des plus intéressantes. Je ne m’y suis cependant pas attardé, ne sachant pas si j’y étais le bienvenu. Quelle sorte d’ouvrage contient-elle ?

Bon, la lecture, ce n’était pas son dada. Il ne lisait que très rarement. Seulement quand cela lui était utile. Il paraitrait que certains livres parlaient d’histoires, de personnages, d’aventures et de contes de toutes sortes. D’autres discutaient de politique, ou encore de philosophie, sur certains principes de la vie. Tout ceci lui passait au dessus de la tête. Il préférait un bon débat en tête en tête, à converser, plutôt que de tenter de comprendre les coins et recoins des cerveaux de vieux fous déjantés gâchant une vie sur trois questions. Ah les débats qu’il avait eu en taverne… Il adorait remettre la plupart de ces paysans qui se prenaient pour des bourgeois connaissant chaque question régissant le royaume. Par-dessus tout, il détestait avoir tord, et pouvait donc partir dans des dialogues durant des heures pour prouver qu’il avait raison. Personne n’est parfait. En attendant, il attendait la réponse de son interlocuteur. Peut être cela lui donnerait envie d’aller jeter plus ample coup d’œil sur les ouvrages aperçus un peu plus tôt.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Ven 30 Avr - 23:34

Sourire amusé de l'intendant. On aurait dit que le visiteur se prenait au jeu... A moins qu'il ne soit déjà un habitué de la boisson et autres cuites. Et à moins qu'il ne connaisse déjà le breuvage... C'tait qu'on y prenait vite goût, à cette chose... Et que pour se débarrasser de ce goût, fallait être sacrément volontaire. Ou rigoriste, au choix. Laissant la chaleur de l'alcool venir le chatouiller jusqu'aux ongles, Elric se plongea dans la contemplation du feu, dans la même posture que celle dans laquelle Kaeronn l'avait trouvé. Il le laissa parler, un sourire amusé aux lèvres. Un peu de mirabelle ? Soit. Plus tard. Après quelques instants de silence. Il était devenu un peu ours, l'Elric, à force de solitude pendant des années. Il avait besoin de silence. Pas forcément de calme, non. Mais besoin de se mettre en retrait, de laisser le reste couler autour de lui, comme un fleuve autour d'un rocher. Puis, quand Kaeronn eut repris la parole et posé une question sur la bibliothèque, l'intendant reprit :

Si vous êtes ici, c'est que vous êtes le bienvenu. Et vous êtes le bienvenu partout où c'est ouvert, ou pas verrouillé en tout cas. Et la bibliothèque n'est jamais fermée à qui que ce soit, par principe.

Et comme pour confirmer ses dires, l'intendant se souleva de nouveau pour parcourir le trajet jusqu'au coffre. Flasque de mirabelle oblige... On n'allait pas priver un amateur, hein ? L'aurait plus manqué que ça. Prenant avec lui la flasque, il revint s'installer, non sans avoir versé dans le verre de son vis-à-vis une nouvelle rasade de liqueur accompagnée de quelques mots :

Y'a aussi un peu de prune et de poire, si vous préférez. J'vous ai servi celle-là parce que c'est celle que je préfère, mais faut pas hésiter à me dire si vous préférez autre chose.

Mais là n'était pas le sujet principal. Il y avait une question en suspens, et le moins qu'il puisse faire était d'y répondre. Ce qui fut fait aussitôt qu'il se fut resservi et qu'il eut avalé une gorgée de liqueur, la flasque sagement déposée au sol entre eux :

Cette bibliothèque, c'est une sorte d'assemblage de tout ce qu'elle a pu copier ici et là. Les originaux sont principalement tirés d'archives, à Paris, en Normandie, en Limousin... Un peu partout où elle a accès à des livres, en fait. Il y en a pour tous les goûts, mais y'a pas une once de fiction dedans. A part quelques documents administratifs, y'a que des documents de recherche, des méthodes, des herbiers, des choses comme ça. Elle s'en est servi largement pour un apprentissage de barbière, pour l'armée. Y'a une autre partie des ouvrages qui ont été ramenés par son frère. Si vous voulez y jeter un oeil, vous gênez pas, ça les gênera ni l'un ni l'autre, je pense.

Oh non. Il avait prononcé le mot le plus inapproprié qui soit. Le mot interdit. Frère. C'était pas le frère de sa p'tiote, d'abord. Y'avait qu'un peu de sang en commun entre eux. Ce frère n'était qu'un demi-frère, déjà, et puis c'était un des légitimes d'Eleuthère, le frère des deux demoiselles qui devaient arriver le lendemain. Fallait pas y penser. Ca se passerait peut-être très bien, après tout. De toute façon, il ne battrait pas en retraite devant eux, pas plus que devant n'importe qui d'autre, et ce d'autant plus que la p'tiote était d'accord avec lui. Ces réflexions tournaient en vrac dans sa tête depuis que les légitimes avaient pris une réalité pour la p'tiote et pour lui. Depuis quelques mois, en fait.

Mais, sans transition aucune et pour couper court à toute réaction en chaine quant à son précédent dérapage verbal, il y avait un point qui méritait d'être abordé, une question à poser qui taraudait quelque peu Elric. La fameuse toute petite question d'un mot, qui introduisait parfois des histoires, souvent à dormir debout, à la fois longues, compliquées et soporifiques. Pour un homme comme Elric, plus habitué à écouter qu'à parler, c'était la question idéale. La question du pourquoi. Pourquoi un Tourangeau se dérouterait-il, en plein milieu d'un voyage (en effet, que pourrait donc faire un Tourangeau en Limousin, hormis voyager ?), pour venir se perdre dans la campagne de Viam ? Pourquoi quelqu'un qui n'avait vu qu'une seule fois la p'tiote, d'après ce qu'elle lui en avait dit, venait-il jusque dans sa base arrière ? Curiosité, quand tu tiens quelqu'un...

Ce n'était peut-être pas que de la curiosité, après tout. C'était un peu son devoir de vérifier que ce bonhomme n'était pas une menace pour sa p'tiote. Reportant son regard sombre sur son hôte, l'intendant le fixa quelques secondes en silences, avant de lancer, finalement, d'une voix neutre, un léger sourire flottant à la commissure des lèvres, tous les sens en éveil, prêt à examiner chaque réaction sous toutes les coutures :


Qu'est-ce qui vous amène ici ?

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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Sam 1 Mai - 1:30

Ah parfait. Sa curiosité concernant les livres était satisfaite. Il pourrait farfouiller un peu partout, de préférence avant que Sindanarie arrive. Une fois qu'elle serait la, les livres lui passeraient au-dessus de la tête, c'était certain. Et puis il venait d'apprendre quelque chose de plus sur la jeune femme. Un frère... Elle ne lui en avait jamais parlé. Normal en même temps. Que savait elle de lui après tout? Pas grand chose... Ils n'avaient discutés que peu de fois à Chinon, et puis... c'était tout. Quelques courriers, rien de transcendant. Pas de véritable conversation. Qu'il avait hâte du lendemain. Un frère... Il la questionnerait à ce sujet, Elric ne verrait peut être pas d'un très bonne œil qu'il pose une multitude de questions indiscrètes à propos de Sindanarie. A juste titre.

Mirabelle, ça me convient très bien, merci.

Aaaaah. La voila. La question qu'il devait se poser depuis son arrivée, et qu'il peut enfin sortir de sa gorge. Pourquoi. La raison de sa venue. Ce qu'il fait ici. Son but. L'idée qu'il a en tête. Quand on débarque ainsi à l'improviste chez quelqu'un, et qu'on est reçu par autrui, il convient de savoir ce que l'on veut. Soit dire la vérité. Soit mentir. Et sans être forcément calculateur, toute personne raisonnable se sera posé la question avant d'arriver dans cet endroit: si l'on me demande pourquoi, que répondrais je? Naturellement, le tonnerrois s'était passé la question dans sa tête une ou deux fois depuis qu'il avait été accueilli par l'intendant. Elric, qui était sans doute bien plus qu'un intendant aux yeux de Sindanarie. Une sorte de précepteur apparemment. Peut être même encore plus. Comme un père? Ce n'était que pure spéculation de sa part, et Kaeronn savait qu'il n'aurait de véritable réponse qu'en présence de la dame de Viam et de l'homme se tenant assis devant lui.

En attendant, on venait de lui poser LA question. Pouvait il au moins y répondre lui-même?


La dame de Viam m'a dit dans l'une de ces lettres que je serais le bienvenue ici. Par conséquent, étant curieux de nature, je suis venu voir de quoi il en était.

Ridicule. Le visage neutre, le tonnerrois ne fit pas cependant semblant de réfléchir. Qu'importait que l'intendant pensa qu'il mettait du temps à se décider. Lui aimait faire languir les gens, et il tenait à préparer une réponse des plus soigneuses. Dire la vérité... Mentir... Un petit sourire se dessina sur le visage de l'homme, avant qu'il ne boive une gorgée de liqueur, pour reposer à nouveau le gobelet sur la petite table. Il regarda alors Elric, qui semblait prêt à le transpercer de ses yeux comme l'auraient fait deux épées. Dire la vérité... Mentir...

Ma foi... Je pourrais vous répondre que je suis un voyageur dans l'âme, et que j'erre de ville en ville. Alors pourquoi pas ici, où se trouve la dame de Viam, Sindanarie? Une connaissance... Rien de tel comme excuse pour rester quelques jours ici même. Mais pour ne rien vous cacher, c'est également parce que j'avais envie de revoir Sindanarie. Envie également de découvrir l'endroit où elle vit. Je suis d'un naturel curieux voyez vous. Et il faut ajouter à cela que j'ai aimé discuter avec la dame de Viam, et me battre avec elle.

Il avait ajouté la fin de sa phrase comme s'il parlait du beau temps. Comme si il était naturel de se battre.

Alors me voila, découvrant cet endroit, et apprenant que Sindanarie sera la demain. J'ai de la chance, tant mieux. J'ai assez hâte de la revoir. Ne me demandez pas pourquoi. Il faut simplement croire que j'ai apprécié sa compagnie.

Il se tait, boit une longue gorgée de liqueur, laissant l'intendant à sa méditation. Il devait sans doute analyser chacune de ses paroles. Se poser d'autres questions aussi. Les sortirait il? Rien de mieux sur, mais on disait souvent que l'alcool déliait les langues.

Le tonnerrois regardait à nouveau autour de lui, profitant d'être si bien installé, verre d'alcool à la main (et pas n'importe quel alcool, puisque son préféré). Ne manquait que Sindanarie. Dans quel état d'ailleurs la retrouverait il? Fatiguée sans doute. Éreintée. Épuisée. Contente de le voir? La, c'était autre chose. Il l'espérait, mais ne pouvait en être sur. Débarqué à l'improviste, il aimait faire, mais peu de monde appréciait en retour.


Arrêtes de te poser des questions. Tu verras bien. Tu verras bien, se répéta-t-il pour lui, souriant.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Sam 1 Mai - 16:18

Le sourire de l'intendant s'élargit légèrement. Du simple "elle" du départ, voilà que l'invité passait à "la dame de Viam". C'était assez amusant. S'il l'appelait comme ça, il risquait bien de se faire envoyer valser... Du moins, ce n'était pas improbable. Surtout si la p'tiote était de mauvaise humeur, ce qui pouvait parfaitement être le cas vu ce qui l'attendrait le lendemain. A moins qu'il ne sache la calmer. Ca non plus, c'était pas impossible. Elric avait encore du mal à cerner ce qu'il y avait derrière le calme de son hôte. Il donnait l'impression que chaque mot était pesé. Il devait le disséquer de son côté, comme Elric le disséquait du sien. Et, parlant de dissection, il se délectait des propos de Kaeronn, et de Kaeronn de manière plus générale.

Cet homme savait doser l'effet qu'il voulait faire, comme en témoignait son temps de silence avant qu'il ne se décide à répondre. Il avait l'art de donner trois réponses au lieu d'une, c'était manifeste également. "Je pourrais vous répondre"... Oui, il aurait pu. C'aurait sans doute été la réponse la plus passe-partout, celle qui aurait sonné l'alerte dans la tête de l'intendant. Combien de fois l'avait-il utilisée, cette réponse, alors qu'il avait un but bien précis en tête ? La deuxième partie était, curieusement, plus vraisemblable, même si elle complétait la première (et, notant la légère contradiction, l'intendant se laissa entrainer sur la suite). Vouloir revoir Sindanarie était un bien meilleur motif pour se retrouver à Viam. Découvrir l'endroit où elle vivait, il ne devait pas savoir que c'était découvrir, pratiquement dans son état d'origine, le domaine tel qu'il avait été attribué à la p'tiote. Ca ne s'intuitait pas. Mais ça se tenait aussi, même si cela déclencha une nouvelle alerte sous le crâne de l'intendant. Ca aussi, il avait utilisé. Mais il n'était jamais seul dans ces cas-là. Fausse alerte, donc, à moins d'avoir affaire à un fou.

Le naturel curieux... Ricanement interne, peut-être visible dans les prunelles. On pouvait être curieux pour tant de raisons... De tant de manières différentes. Et c'était un trait tellement répandu ! Etonnamment, il servait d'excuse à bien des choses. Quand il observait sa p'tiote, autrefois, soutirer diverses informations à des gens dont elle se méfiait, c'était toujours ça (et un air de candeur légèrement outré) qu'elle utilisait comme masque devant une question indiscrète. C'était la meilleure excuse, la meilleure arme face aux naïfs.

Le commentaire sur les discussions et le combat arrêta de nouveau son attention. Discuter, ça, la p'tiote savait faire. Elle savait être agréable ou détestable, selon son humeur, se fondre dans la masse ou se distinguer. Fallait croire que pour le coup, elle s'était distinguée, puisqu'elle avait marqué le visiteur. Quant à se battre... Elle avait les armes dans le sang. C'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle se batte, partout où elle passait, même quand ce n'était pas nécessaire. Fallait dire que vu les gaillards au milieu desquels elle avait grandi, c'n'était pas vraiment étonnant. Ils adoraient tous, par dessus tout hormis leur liberté, se battre. Leur unique amour véritable avait été la guerre, ou quelque chose qui y ressemblait beaucoup. C'était le même amour que celui des marins pour la mer. Elle avait hérité de cette passion inconditionnelle pour la voie des armes. Elle avait appris à s'exprimer avec elles, par elles. Peut-être que cela transparaissait, à présent, dans sa manière de se battre. Ce n'était pas impossible. Par contre, cela posait une petite question. Le détachement de cet homme face à lui, quand il parlait de combat, était étonnant. Comme s'il en avait l'habitude. Ce n'était pas impossible. Et si, à son âge (façon de parler, puisqu'Elric était plus âgé), il parvenait à battre sa p'tiote, c'était qu'il avait pratiqué, qu'il connaissait son affaire, ou qu'elle s'était mal débrouillée. Si elle s'était mal débrouillée, il n'aurait sans doute pas aimé se battre contre elle. Ce qui laissait penser qu'il avait plutôt l'habitude de ce genre d'exercice. Quant à savoir dans quelles circonstances il avait pris cette habitude, Elric aimait autant l'ignorer. Comme il préférait qu'on ignore comment lui-même avait appris à se battre, bien des années auparavant.

Puis était venue le commentaire de fin. Hâte de la revoir. Apprécier sa compagnie. Et, entre deux, la phrase qu'il ne fallait surtout pas prononcer... "Ne me demandez pas pourquoi". Erreur en présence de l'intendant. Il adorait poser les questions à ne pas poser tout autant que les questions sans réponse. C'étaient sans doute les plus intéressantes. C'était une manière de provoquer l'interlocuteur. Une manière de le titiller, de le pousser dans ses retranchements éventuellement. Mais avant tout, il y avait une petite rectification à faire.


En fait, Sindanarie habite ici quand elle est en Limousin. Sinon, elle se débrouille pour se trouver un coin où se poser, ou pour trouver le camp de ses amis. C'est un peu difficile de déterminer où elle habite réellement.

Une gorgée d'alcool, le temps de faire passer le tout. Réflexions et autres, ça se digérait, comme un repas. La question qui se posait à présent dans l'esprit de l'intendant était la suivante : comment amener à parler quelqu'un qui répond blanc et noir en une seule phrase ? Se taire et le laisser continuer ? Le relancer ? Oui, le relancer. Bien plus pratique. Ca permettait de canaliser le discours dans une direction. Comment faire, donc ? Par quel angle aborder la question ? Et puis, il y avait aussi la question de savoir d'où venait cet homme. Sans se départir du léger sourire qu'il avait conservé, Elric repartit, se basant sur les souvenirs qu'il avait de ce que Sindanarie lui avait raconté :

Vous êtes de Touraine, c'est ça ? Quel vent vous a poussé du côté du Limousin ? Vous n'avez pas fait le voyage que pour Sinda, quand même ?

Au diable les conventions. Il avait dû comprendre qu'Elric connaissait bien la dame des lieux, alors il ne servait à rien de faire semblant et de rester formel. Et puis, la question, sur l'instant, lui semblait assez pertinente. Qu'est-ce qu'un Tourangeau fabriquait en Limousin, ou au-delà ? Fallait croire que la curiosité était bien loin de n'être l'apanage que de l'hôte de Viam...

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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Dim 2 Mai - 1:59

Ah, vraiment? C'est vrai que si elle est chez les licorneux, elle doit bouger sans cesse, et donc peu souvent être présente ici. Mais de la à dire qu'il ne s'agit pas de sa demeure... Je n'y pensais point.

Ah, et les questions continuaient. Apparemment, Elric avait soif de savoir. Kaeronn opéra une nouvelle petite pause, sirotant sa liqueur de mirabelle avec délice. Ses yeux se reportèrent sur ceux de son interlocuteur. Trois questions, il faisait fort. Mais si pour la première, il pensait sans doute connaitre la réponse, les deux autres devaient le turlupiner depuis qu'il l'avait vu. Voila les véritables questions auxquelles ses réponses seraient primordiales. A nouveau, le choix qui s'offrait à lui... L'intendant semblait vouloir maintenir la prise sur la conversation, mais cela ne gênait pas Kaeronn, content d'avoir un interlocuteur attentif.

Non, je ne suis pas de Touraine. J'ai défendu seulement Chinon quand j'ai rencontré Sindanarie. Voila pourquoi elle vous a peut être raconté cela. Mais je suis avant tout un voyageur, qui erre au gré du vent, de mes envies. Et également par quelques missions effectuées pour aider les maires de ce royaume par exemple. Je joue quelques fois au marchand si vous préférez, rajouta-t-il, s'attendant à une nouvelle interrogation. Je vous dirais donc que le seul vent qui m'a poussé dans le Limousin, est celui de l'envie de revoir Sindanarie. Ce qui répond à votre dernière question. J'avais à faire dans le Poitou, mais ma foi, seule Sindanarie vaut mon passage en Limousin. Je n'avais cependant que très peu d'espoir de la voir. C'est donc une agréable surprise de savoir qu'elle sera la demain.

Il allait commencer à se demander quoi l'intendant. Un inconnu qui débarque, qui a vu une fois la dame de Viam, qui l'a certes battu en duel, mais qu'il ne connait à priori pas encore très bien. Il n'aurait pas tord l'Elric. D'ailleurs, fallait se rendre à l'évidence lui même. S'il avait autant envie de revoir Sindanarie, c'était que réellement, il avait beaucoup apprécié sa compagnie. Et cela, il n'y avait pas à dire, il fallait le faire. Cela ne faisait que trop longtemps que cela ne lui était pas arrivé, et il avait somme toute envie de découvrir plus Sindanarie. Envie de parler avec elle.

En vérité, il pouvait compter sur les doigts d'une seule main les personnes avec qui il aimait véritablement être. Jabor, Mathler, Khroulyr, et le blondinet. Peut être aussi Erwelyn et Davor. Et bien sur Leane. Sa Leane. Qui n'était plus de ce monde depuis maintenant presque un an et demi. Un an et demi. Ça lui paraissait aussi lointain que si c'était dix années qui s'étaient écoulés depuis l'attaque de brigands qui avait couté la vie à la tonnerroise. Et en même temps, il avait parfois l'impression que c'était encore hier. Et la compagnie de Sindanarie avait été aussi précieuse que celle de ses amis. Bien qu'elle fut très courte. Et qu'elle serait encore courte le lendemain. Mais il la verrait, c'était déjà cela.

D'ailleurs, il ferait mieux de ne pas se coucher trop tard s'il voulait être en forme le lendemain. Et surtout se levait à l'aube, pour être certain de ne pas louper son arrivée. Ça, il y tenait, il voulait être debout, prêt à la recevoir. Un regard vers l'intendant, se demandant si celui en a terminé avec ces questions. Et surtout voir sa réaction à propos de ses nouvelles paroles. Après cela, nul doute qu'il se permettrait d'aller se reposer. Quitte à prétexter la fatigue du voyage.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Jeu 6 Mai - 9:20

Et l'intendant sirotait tranquillement la fin de son gobelet en écoutant la réponse de Kaeronn, laissant filer la remarque sur les Licorne. Personne n’avait besoin de savoir où elle était exactement, ni avec qui elle était. Bref, il n’écoutait pas d'une oreille seulement, des deux, et il n'était pas (encore) dur de la feuille ! Au contraire, il écoutait attentivement, essayant d'assimiler chaque mot, de les retenir un par un. Et d'un coup, une phrase... Ah tiens, une inexactitude dans le récit de la p'tiote. Qu'est-ce qui l'avait prise de croire qu'il était Tourangeau, çui-là ? Elle avait dû mal comprendre. L'avait pas les idées très nettes, à cette époque. Ca d'vait pouvoir expliquer la confusion. Moui, sans doute. D'toute façon, y'avait pas vraiment d'autre explication, alors...

Alors peu importait. On s'en foutait éperdument, qu'le gars soit Tourangeau, Angevin, Berrichon, Périgourdin, Breton... Non, Breton c'était autre chose. Les Bretons, c'étaient pas des gens normaux. Z'étaient à part, ceux-là. C'était particulier. Une bien longue histoire qu'il se remémorerait plus tard, quand il ne serait plus impoli de se replonger profondément dans ses souvenirs. Quand le public aurait disparu, en somme. Le public étant le visiteur, ça va de soi. Y'avait quand même un truc marrant. Il servait parfois de marchand pour divers maires... Donc soit il n'avait pas de port d'attache, soit il travaillait pour tout le monde et pour personne, soit il restait fidèle à une ville en particulier et servait ses maires successifs, en considérant qu'c'était le royaume qu'il servait comme ça et en assouvissant ses envies de voyage par la même occasion. Trois possibilités. Et une question (si, si, encore une, pour le plaisir).


Vous travaillez pour n'importe quel maire, ou seulement pour ceux de votre ville ?

Curiosité, toujours. Difficile d’en sortir. Surtout quand le pli était pris. Et c'était aussi une manière de dévier le sujet. Bien sûr, il aurait aimé en savoir plus sur le fait que Sindanarie vaille le détour pour un voyageur compulsif. Mais, après tout, il suffisait de le savoir, et l’intendant pourrait se coller discrètement (ou pas) dans un coin pour surveiller un peu. Pas grand-chose, hein, quelques instants, juste le temps d’être sûr qu’il n’y avait pas de lézard. Fallait se méfier des inconnus, pas vrai ? Et avoir entendu parler une fois de quelqu’un, c’était pas non plus comme s’ils avaient grandi ensemble. D’ailleurs, depuis quelque temps, il en était revenu à ses vieux réflexes. L'inconnu qui avait rôdé quelques jours autour du domaine l'avait réveillé.

M'enfin, peut-être que Kaeronn n'avait plus aucune envie de parler... Au moins, il avait eu la patience de répondre. Beaucoup auraient sans doute envoyé valser Elric, qui s'était plus d'une fois distingué pour ses indiscrétions flagrantes. Mais c'était longtemps auparavant, mine de rien. Il avait un peu perdu la manie des questions indiscrètes. Ou alors, il en avait moins conscience. Ce n'était pas impossible non plus. Et quelle heure pouvait-il être, avec ça ? Pas tôt, sans doute, mais pas très tard non plus. Peut-être qu'il voulait repartir dans ses pénates d'un soir (ou de quelques soirs, l'avenir le dirait en temps voulu) ? Se contraignant au silence, pour une fois, l'intendant entendait bien laisser son hôte s'exprimer un peu. Et s'exprimer spontanément, au lieu de répondre sans cesse à des questions plus ou moins indiscrètes.

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Kaeronn_

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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Sam 8 Mai - 21:32

C'est qu'il n'en finissait pas avec ses questions. Un curieux comme il l'était régulièrement. Et puis dans une conversation, si on écoutait parfaitement son interlocuteur, il était facile de trouver à chaque réponse de nouvelles questions. Quand c'était un plaisir de discuter, on ne voyait plus le temps passer. Ni les sujets d'ailleurs. Voila qu'après Sindanarie, c'était sur ce qu'il faisait exactement que l'intendant le questionnait.

N'importe quel maire. Si je puis rendre service, je le fais, moyennant salaire parfois, pour le plaisir d'autres. Cela dépend principalement de mon humeur. Et de celles des maires, rajouta-t-il amusé, après un court instant de réflexion.

Le gobelet de liqueur de mirabelle diminuait grandement, encore trop vite au gout de Kaeronn qui parfois, dans certaines situations comme celle-ci, chez un hôte qu'il ne connait pas, aimerait réussir à contenir ce réflexe de siroter trop vite sa liqueur. Mais impossible d'arrêter. Déjà assez compliqué de ne pas avaler tout le temps cul sec... L'alcool délie en tout cas les langues parait il.


Cela fait combien de temps que vous êtes ici si je puis me permettre?

Les histoires de famille et de domaines ne l'intéressaient pas plus que cela. Mais comme il était aussi curieux que l'intendant, il se mettait à poser des questions. Et puis la demeure où il se trouvait l'intéressait. Sindanarie l'intéressait. Et tout ce qui touchait à elle donc par la même occasion. Il écouta Elric avec attention, hochant la tête au fur et à mesure de la réponse. Il apprenait. Il découvrait. Et il retenait.

Venait cependant le moment où le silence retomba. Où les sujets étaient loin d'être épuisés, mais où le cerveau commence à avoir du mal à se concentrer sur autre chose que le pourquoi de la visite. La fatigue, sans doute... Le tonnerrois se lève de son fauteuil, repose le gobelet sur la table, sourit et salut son hôte d'un signe de tête prononcé.


Merci encore pour votre accueil. Je vous souhaite une bonne nuit.

Et de tourner les talons, direction la chambre qu'il s'était trouvé. Une forte envie le pousse à monter une petite expédition nocturne, afin de mieux connaitre la demeure, mais il sait que cela ne serait pas raisonnable. Mieux valait dormir... Dormir pour être prêt à accueillir Sindanarie le lendemain.
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Elric Lesang
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MessageSujet: Re: Un brin de causette vespérale   Dim 9 Mai - 23:22

Aha, il se mettait aussi à poser des questions. Bien. C'était rassurant. Mais alors, pour être très exact dans la réponse, il faudrait faire attention. Oui, parfaitement. Le "vous", c'était lui tout seul, ou lui et la p'tiote ? De toute façon, c'était complètement lié, alors autant répondre en commençant par le commencement. Le commencement n'était d'ailleurs pas spécialement lointain si on considérait seulement le domaine de Viam. Si on partait du début, c'est-à-dire des jours qui avaient suivi la naissance de la p'tiote, ça pourrait être beaucoup plus long... Et Elric doutait que son invité ait particulièrement envie d'entendre une aussi longue histoire. Il avait dû sentir qu'il y avait un lien particulier entre lui et sa p'tiote, et c'était pas la peine qu'il en sache beaucoup plus. Pas encore. Pis sinon, c'était à elle de lui raconter. Donc il fallait répondre en se basant sur Viam et sur la Dame et son intendant. Ce qui donna ceci :

Ici ? On a donné ce domaine à Sindanarie il y a un peu plus d'un an, dans l'état dans lequel vous le voyez ou presque. Moi, je suis arrivé quelques semaines plus tard, quand elle m'a demandé de venir l'aider et de veiller sur les lieux en son absence. Elle avait senti qu'elle aurait à voyager. Elle a le nez creux, en général...

Une gorgée de mirabelle plus tard, Elric continuait :

Avant, par contre, j'étais pas en Limousin. Je me suis baladé aux quatre coins du royaume pendant quelques années, quatre ou cinq, peut-être. J'étais seul à ce moment-là. Elle, elle a erré un ou deux ans, et elle s'est installée en Limousin. Et quand ils l'ont anoblie, elle m'a demandé de venir.

Quel besoin il avait de raconter ça, il n'en savait rien. Ca venait juste comme ça, sans raison particulière. Pourquoi pas, après tout... Et, d'un coup, il vint à l'esprit d'Elric un petit résumé ed la situation. Un inconnu débarquait. On lui disait qu'il s'appelait Kaeronn. Sur quoi, tilt ! Elric s'était souvenu du récit de la campagne de Touraine. 'Fin, de la campagne avortée de Touraine. D'où engrenages mentaux de l'intendant, le temps de resituer le bonhomme dans le paysage. Pour ça, rien de tel que de joindre l'utile à l'agréable en allant bouchonner la monture du gars. Pour couronner le tout, quand il s'était tranquillement posé en attendant sa p'tiote (avec quelques heures d'avance, et alors?), le quasi inconnu était venu se joindre à lui et avait répondu à ses questions sans rechigner. Probablement assez honnêtement, même. Le silence, était tombé entre eux, finalement. Et on en était là quand Kaeronn décida qu'il était, pour lui du moins, l'heure de se retirer. Sans mentir, Elric répondit à ses derniers mots :

Je vous en prie, ça a été un plaisir. Bonne nuit à vous également.

L'intendant avala les dernières gouttes qui sommeillaient au fond de son gobelet, laissant filer quelques secondes. Et, un ton plus bas, se foutant royalement d'être entendu ou non, il grommela, avant de se laisser emporter par Morphée, devant le feu qui menaçait déjà de baisser :

Je crois que c'est vous qui l'avez fait revivre.

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